Quel bonheur que ce retour en pays Khmer !

Cette année encore, juste avant la fermeture des frontières, avant l’annulation de la plupart des vols internationaux, avant le confinement, j’ai pu retrouver le Cambodge pour une quinzaine de jours, à Angkor, à Preah Vihear , à Sambor Prei Kuk, à Kompong Thom, à Phnom-Penh ; quel bonheur que ce retour en pays khmer et quelle chance aussi ! Il y avait foule, toujours,  à Angkor Thom, au Bayon, sur la Terrasse des éléphants ou encore à Banteay Srei mais moins cependant que lors de mon dernier voyage en décembre 2016. A Siem Reap, on parlait d’une crise du tourisme regrettée par les tuktuk et les petits commerçants et attestée par la fermeture définitive de plusieurs grands hôtels de prestige ; mais qui s’en serait plaint parmi les privilégiés qui pouvaient visiter en pensant aussi à la protection du Site menacé par son succès ! Partout de grands travaux en cours et particulièrement à Angkor Wat dont les flux ininterrompus de visiteurs étaient détournés vers une entrée latérale pour éviter les travaux en cours sur la grande chaussée d’accès.

Le magnifique ensemble monumental de PreahVihear rendu au Cambodge  par le jugement de la Cour Internationale de Justice en Novembre 2013 et auquel mène une très bonne route au départ de Siem Reap est toujours très peu fréquenté. C’est un moment de pure extase face à ces lointains bleutés…

Siem Reap aussi change et grossit d’année en année mais on y trouve toujours les merveilleux artisans qui tissent la soie, travaillent l’argent, taillent le bois, montent les pierres précieuses de PaÏlin mais aussi des designers qui créent des objets, des vêtements. Pour la première fois depuis les années 70, j’ai revu le site de Sambor Prei Kuk, un ensemble de temple pré-Angkoriens au milieu de leur  forêt… Site romantique s’il en est !

En passant à Kompong Thom, on peut toujours déguster Mygales, Blattes, ou criquets  grilléset mille autre insectes, riches en protéïnes…l’avenir de l’humanité ! je me suis sentie brusquement très végétarienne et ai laissé à d’autres ces expériences.

A Phnom Penh, promenades vespérales le long du quai Sisowath mais le bar-restaurant du club des correspondants de presse est fermé… provisoire ou définitif ?  On avait une si belle vue de là-haut ! Puis, immersion dans l’histoire de l’empire Khmer à travers les collections somptueuses du Musée National , musée tranquille et hors du temps encore plein des chefs d’œuvre de l’archéologie khmère, guidée par un expert passionnant et passionné ; mais aussi et pour la première fois en ce qui me concerne, plongée dans le passé le plus récent et le plus dramatique avec la visite du Camp S21. A part une incursion au Marché Central et au Marché Russe, nous avons peu circulé en ville : l’approche par la route en venant de Kompong Thom nous avait suffisamment informés et édifiés sur les mutations urbaines spectaculaires : gigantesques centres commerciaux, proliférations de banques, de condominium, circulation dantesque et pollution, gratte ciels en construction ou déjà achevés mais  vides pour la plupart . Un autre Phnom Penh est en devenir : une métropole totalement étrangèreà la capitale «  provinciale », construite au bord des quatre bras, autour de son Palais Royal, de ses pagodes sacrées, du Phnom et du Monument de l’Indépendance… Changement d’échelle et de culture comme partout ailleurs en Asie du Sud-Est ! 

Françoise ALLAIRE.